Jean-Emmanuel Costedoat-Lamarque

"NUS D’AVÈNE"


La photographie de NUS est la chose la plus difficile à faire : elle est nue, nous sommes habillés et armés de nos téléobjectifs, bien protégés, alors qu'elle s'offre sans défenses pas toujours sûre de nos intentions.

Mais en bon magicien qu’il est, Jean Emmanuel sait établir cette zone de charme, entre le modèle et lui-même où tout va tomber à point, au bon endroit qu'il a choisi au préalable, et non content de nous en offrir une belle, il en fait surgir de son chapeau, pardon de son boîtier mystérieux, deux, trois, quatre voire cinq, chacune plus belle encore que l'autre.

Mais la beauté seule ne suffit pas : de ses doigts magiques il sait où disposer les rayons du soleil. Il ose faire vivre un sein, sous le couvert de généreuses fesses, il fait jouer l'ombre d'un feuillage sur le corps dénudé et le fait scintiller comme une pluie d'étoiles dans la confortable piscine. Car notre photographe a choisi la nature comme environnement : là où la femme se plait d'être nue, sous un regard qui la flatte, et non pas dans un obscur studio, sous le violent éclairage de projecteurs qu'il est facile de déplacer au gré de la fantaisie de l'opérateur. Nue dans la nature, la femme s'y trouve bien, détendue, caressée par le soleil, voluptueuse, prête selon le vers de Paul Eluard « aux baisers résurrecteurs ». Car l’œil du photograph,e c'est un baiser donné à la reine d'un jour, c'est une caresse, une flatterie, bref tout ce que la femme adore: être admirée, être aimée.

Nul doute que les hommes seront touchés par ces beautés vibrantes dans la lumière du jour, et plus encore les femmes, ainsi célébrées, respectées, flattées, aimées.

Mais la magie de Jean Emmanuel est encore plus époustouflante car ce ne sont pas des poupées Barbie, des êtres virtuels, ce sont de vraies femmes, sans retouche, ni bricolage de Photo-shop, superbes filles du sud, nous offrant ce qui nous est le plus cher : croire en la vie qu'elles incarnent, et pourquoi pas, l'espoir d'en rencontrer une, se baignant dans un torrent ou sur la plage, comme le fit notre mère à tous, Eve, la bien nommée, sous l’œil ébloui d'Adam, qui n'avait pas encore d'appareil photo en main.

Prenons cette leçon de choix de Jean Emmanuel, car vrai de vrai, avec lui «l’œil écoute».

Lucien Clergue
Membre de l' Académie des Beaux-Arts.

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